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Tenerife, 2009 spacer Tenerife, 2009 spacer Tenerife, 2009 spacer Tenerife, 2009 spacer Tenerife, 2009 spacer Tenerife, 2009 spacer Tenerife, 2009 spacer Tenerife, 2009 spacer Tenerife, 2009 spacer Tenerife, 2009 spacer Tenerife, 2009
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C’est une présentation photographique mettant en contraste des paysages de terre verts ou arides avec une architecture moderne satisfaisant le tourisme de masse. Un voyage visuel, les paysages naturels et urbains se confrontent sur un même lieu, seules les images les séparent.
Sur l’île de Tenerife, le sol volcanique crée des paysages tant verdoyant que rocailleux. Les amas d’hôtels s’étendent autour de l’île tels des éboulis. L’artifice est complet à côté d’une nature brute, voire inhospitalière. L’hyper tourisme exalte ses effets indésirables : une architecture trop agressive pour le paysage dans lequel il se déploie. Un sentiment de surconsommation dégage de ce lieu qui semble surfréquenté exclusivement d’une part. La limite reste nette entre les paysages vierges et la construction et urbanisation à outrance.

 

 

Tenerife, ton univers impitoyable par Pana, 2010

Lorsque j’ai vu la première image du "désert espagnol" de Tenerife, je revenais de Crète et cela m’a fait penser aux paysages rocailleux qu’on peut trouver là-bas, même si ce ne sont peut-être pas les mêmes couleurs. Cela reste le même ciel bleu sans le moindre nuage à l’horizon.
Il n’y a non plus pas l’ombre d’une seule trace de l’Homme dans ce désert de roches, de sable et de poussière. Un paysage lunaire, mais sur Terre, qui s’offre à la vue de tout le monde, pour autant qu’on sache regarder attentivement ses particularités. Alors, peut-être pourra-t-on déceler une crête étrange sur cette autre photographie, les imperfections du sol qui rendent celui-ci si beau ou les changements imperceptibles du "Bleu", majestueux et nécessaire pour embellir ces montagnes.
Puis, c’est le choc. Une toute autre beauté se présente, plus familière. Un ensemble de maisons, de fenêtres par dizaines, cachées simplement par de fins palmiers et obscurcies par un ciel moins clément. Comme si la grisaille ne pouvait se fondre que dans ces maisonnées ocres, roses, jaunes, …
Plus loin, on remarque l’étendue de la contamination. Une colonie de cases blanches, carrées, propres en ordre, comme une intrusion, comme un village d’extraterrestres qui n’auraient rien à faire là. Un spectacle navrant; la main de l’homme ayant rongé la Nature. Et ce ciel pâle qui ne fait que rajouter à cette infinie tristesse.
Il y a malgré tout un sentiment mitigé à l’approche de ces tableaux, comme un choix à faire. D’un côté, les arbres verdoyants ici et là, éparpillés, dispersés, donnant l’idée d’une structure quelque peu chaotique et, de l’autre, cet ordre architectural de villas bêtement tassées les unes contre les autres, aux petits balcons jolis et accompagnés d’une piscine ovale.
De loin, ensuite, on dirait la résidence bouddhiste du Dalaï-Lama à Lhassa. Puis, en examinant de plus près, on y voit tout autre chose, les jardins suspendus de l’antique Babylone, plus probablement. Comme si une erreur s’était glissée dans l’équation, cela ne sera jamais beau, c’est un malheur.
Cette volonté de structure n’est qu’une farce, un attrape-touristes. Il s’agit d’un partage entre noirceur solaire et illumination brumeuse.
Cette montagne aux traits verts, à l’arrière-plan, a quelque chose de plus vivant que cet agglomérat indigeste de résidences colorées, construites sans âme, dans un souci d’efficacité et de rapidité plus que de naturel.  Le ciel semble avoir choisi son camp, lui. Ce sera la série de petits sommets ou se mêlent tour à tour buissons et cailloux. Mais pour combien de temps ? La terre n’occupe qu’un petit lopin de l’image et la première place revient à ce gigantesque vide d’oxygène qui fait beaucoup de bien aux yeux après les images précédentes de l’occupation humaine.
Ce n’est qu’un répit, car une plaie s’est abattue en plein milieu d’une vallée qui ne pourra jamais être recréée par l’Homme – même par ordinateur… Des maisons qui n’ont rien à faire là, non-sens absolu et reflet du délire sourd humain de tout dominer: s’approprier la Beauté en y logeant domicile!
La dernière image, celle que je choisis de retenir pour m’éviter quelque cauchemar, c’est celle qui montre un horizon dégagé, où le ciel est devenu écrasant et qui semble devoir nous tomber sur la tête un jour. Logique.
Une Nature éduquée, convenable
Une Terre domestique, domestiquée
Des routes goudronnées qui saignent son corps
Des maisons qui incrustent sa peau comme des plaies.
Et il ne nous restera bientôt plus qu’à lever les yeux au ciel pour toujours entretenir ce mystère qui nous échappe.

 

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